À retenir
- Ni une réplique ni un bateau à thème. Un navire du type de ceux qui permettent aux ports de Finland de rester ouverts tout l’hiver.
- Avec en plus un café offrant une vue sur la glace, afin que le temps passé dehors soit un choix plutôt qu’une épreuve d’endurance.
- Au cours d’une journée de dix heures. La flottaison sur la glace a lieu pendant la croisière.
- Un certificat de participation, ce qui peut sembler anodin, mais qui finit sur un très grand nombre de murs.
Quel type de navire est-ce ?
Arktis est un brise-glace, et non un bateau grimé en brise-glace, et cette distinction résume toute l’expérience. Finland exploite l’un des services de brise-glaces les plus expérimentés au monde, par nécessité : sans lui, les ports du Gulf of Bothnia fermeraient pendant des mois chaque hiver, et un pays dépendant du fret maritime ne peut se le permettre.
Vous montez à bord d’un navire conçu pour ce travail. Il est lourd pour sa taille, doté de moteurs puissants et renforcé le long de la ligne de flottaison, là où la glace cause le plus de dégâts. Rien n’y est délicat.
La croisière elle-même est une activité commerciale destinée aux passagers, et non une mission d’escorte, mais le navire et la mer sont bien réels, tout comme la glace qu’il traverse.
Il est utile de comprendre à quoi sert cette flotte. Finland est un cas particulier : tous ses grands ports gèlent, si bien que le pays ne peut pas simplement rediriger le fret hivernal vers un port libre de glaces, comme peuvent le faire Norway ou les Netherlands. Maintenir le Gulf of Bothnia navigable est donc un enjeu logistique national plutôt qu’un simple désagrément régional, résolu par des navires comme celui-ci tout au long de l’hiver.
À bord
Deux ponts intérieurs chauffés, avec un café servant boissons chaudes et nourriture, et de grandes fenêtres donnant sur la glace. C’est plus important qu’il n’y paraît. Une croisière de trois heures en janvier arctique serait une épreuve d’endurance sur un bateau ouvert ; ici, le froid est entièrement facultatif.
Le rythme que la plupart des passagers adoptent est simple : sortir lorsqu’il se passe quelque chose, rentrer lorsqu’il ne se passe rien. Il se passe quelque chose plus souvent que vous ne l’imaginez, car le navire travaille en permanence.
Le café convient pour une boisson chaude et une collation. Lors d’une journée de dix heures, il peut être judicieux d’envisager le buffet du déjeuner au restaurant à terre, réservable à l’avance.
La coque dans un chenal de plaques de glace retournées
Sur le pont
Vous pouvez sortir, et vous devriez le faire. L’expérience d’un brise-glace est moins visuelle que physique, et derrière une vitre, vous n’en percevez que la moitié.
Depuis le pont, vous voyez devant vous une étendue de glace intacte, apparemment solide jusqu’à l’horizon, et derrière vous un chenal rempli de plaques retournées d’un mètre de diamètre, séparées par une eau de mer noire. Le bruit remonte à travers la coque plutôt que par l’air.
Habillez-vous en conséquence. Le pont est exposé, le navire crée son propre vent, et sur cette côte, les moyennes de janvier sont de moins cinq le jour et de moins quinze la nuit. Dix minutes dehors ne posent aucun problème ; une heure exige des vêtements adaptés.
La lumière possède aussi une qualité particulière, difficile à décrire et facile à sous-estimer. En janvier, le soleil dépasse à peine l’horizon sur cette côte, et la glace se teinte d’un ciel qui offre un spectacle extraordinaire durant la majeure partie de cette courte journée : rose, puis or, puis un bleu profond qui dure des heures. Les photos que les visiteurs rapportent du pont sont presque toujours meilleures qu’ils ne l’espéraient.
Le certificat
Tout le monde repart avec un diplôme de participation. C’est une petite attention incluse, et le nombre de personnes qui le photographient laisse penser qu’il fait plus d’effet que sa description ne le laisse entendre.
C’est le genre de souvenir qui fonctionne parce qu’il se rattache à une expérience réellement rare. Seule une poignée de brise-glaces dans le monde accueillent des passagers, et parmi eux, seuls quelques-uns naviguent sur une mer qui gèle de façon fiable.
Les enfants, en particulier, le prennent très au sérieux, ce qui mérite d’être souligné si vous voyagez avec eux.
3 h
La durée de la croisière elle-même. Le reste de cette journée de dix heures comprend le trajet en autocar vers le sud depuis Rovaniemi, le port, le château de neige et le retour par la route.
Comment il se compare aux autres navires
La côte du Bothnian compte plusieurs brise-glaces accueillant des passagers, et il s’agit véritablement de produits différents, au départ de ports différents et avec des journées de durées différentes. Pour les comparer correctement, il faut tenir compte de la durée de la croisière, de ce qui est inclus et de la distance à parcourir jusqu’au quai.
Cette réservation comprend l’autocar au départ de Rovaniemi dans les deux sens, ce qui évite que la visite du navire ne devienne un casse-tête logistique pour les personnes qui n’ont pas de voiture.
Elle inclut aussi la flottaison dans les glaces dans le billet, plutôt qu'en supplément, ce qui n'est pas systématique.
L'autre vraie variable, c'est ce qui est inclus. Une croisière qui comprend la flottaison dans les glaces, fournit la combinaison et met un autocar à disposition au départ comme au retour n'offre pas la même chose qu'une autre qui facture chacun de ces éléments séparément. La comparaison n'a de sens que si vous vérifiez le contenu réel de chaque billet, plutôt que de vous fier à la durée annoncée.
Quand le navire navigue
La saison suit la glace. Bothnian Bay gèle tout l'hiver et les croisières ont lieu tant que la baie est prise par les glaces, soit, lors d'une année normale, d'environ Noël à avril.
En début et en fin de saison, tout dépend de l'année. Au début, la glace peut être assez fine pour que le navire progresse facilement ; à la fin, elle peut être molle. Le meilleur moment se situe au cœur de l'hiver.
Des départs sont proposés le matin et l'après-midi, et les horaires sont publiés pour la saison. Le choix du départ change considérablement votre journée en décembre, lorsque la lumière est très rare de part et d'autre de midi.
À quoi vous attendre de la part de l'équipage
Professionnel plutôt que théâtral. Il s'agit d'un navire en activité, exploité par des gens dont le métier est de naviguer, et les commentaires sont généralement très concrets : ce que fait la glace, ce que fait le navire pour y répondre et ce qui se passera ensuite.
L'équipage répondra à vos questions, et vous avez tout intérêt à les poser. Quelle est l'épaisseur de la glace aujourd'hui ? Quelle puissance utilise le navire ? Que se passe-t-il s'il reste bloqué ?
Les réponses sont généralement plus intéressantes que n'importe quel texte préparé, et c'est la règle générale sur cette côte.
